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 Le fort du Chapus

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Steph
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Date d'inscription : 19/07/2010
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MessageSujet: Le fort du Chapus   Mer 09 Nov 2011, 01:38

L’histoire du fort du Chapus débute en 1665 lorsque Colbert de Terron, chargé par Louis XIV d’établir un nouvel arsenal maritime, retient pour l’implantation de celui-ci le site de Rochefort. La protection de ce nouveau site va nécessiter la refonte complète de l’ensemble des fortifications bordant les côtes d’Aunis et de Saintonge. Ainsi, au sud du fleuve Charente, on va procéder au renforcement des places de Brouage et du Château d’Oléron. Cependant, malgré tous les dangers qu’il comporte pour la navigation, le pertuis de Maumusson pourrait très bien livrer passage à quelques navires ennemis qui viendraient bloquer toute possibilité de liaison avec Oléron. Or, il se trouve, à 400 mètres de la pointe du Chapus, un enrochement découvert à marée basse qui pourrait constituer le soubassement d’une nouvelle position fortifiée susceptible de s’assurer les liaisons entre l'île et le continent… En 1691, Louvois va donc y faire entreprendre l’étude et la construction du nouveau fort souhaité par Louis XIV. Mais en juillet de cette même année, Louvois s’éteint, avant même que la construction ne soit véritablement lancée. L’histoire retiendra cependant qu’il avait été l’instigateur de ces travaux et le fort s’attachera définitivement le nom de fort Louvois, même si l’appellation officielle reste celle de fort du Chapus. Vauban, pourtant Commissaire Général des Fortifications, n’avait pas été consulté par Louvois et il en gardait rancoeur… Profitant de la mort du ministre, il fit stopper les travaux et intervint directement auprès du roi pour en faire modifier le plan. En 1696, après qu'aient été réalisés les ultimes aménagements intérieurs, la position devint opérationnelle.
Dans le cadre du programme élaboré par la Commission de Défense des Côtes, qui fut ratifié par le ministre de la Guerre le 17 avril 1875, le fort devait recevoir 6 canons de 16 cm rayés, frettés et se chargeant par la culasse. Mais, n’étant pas une position de première ligne, il ne faisait pas partie des positions devant être réaménagées en première urgence et restera armé de vieux obusiers lisses de 22 cm jusqu’en 1886… Or, à cette même époque, le développement de l’obus torpille le rend presque intenable et, dans le dispositif mis au point par la Commission de Défense du Littoral en 1888 pour tenter de s’adapter aux effets de ce nouveau type de projectile, sans que le déclassement du Chapus ne soit prononcé, il est cependant décidé que plus aucune modification n’y serait entreprise. Du reste, en 1891, et bien que le fort conservât ses vieux canons et qu’il fût toujours prévu de l’occuper en cas d’alerte, on entreprit la construction d’une nouvelle batterie pour 4 canons de 95 mm à 600 mètres au sud de la pointe du Chapus, sur la pointe de la Grognasse. Elle ne sera constituée que de simples levées de terre et, en temps ordinaire, les canons seront à Rochefort. Mais leur mise en batterie devait pouvoir se faire rapidement en utilisant le chemin de fer qui, depuis 1889, reliait cette dernière ville à la pointe du Chapus.
Lorsqu'éclata le premier conflit mondial, les antiques canons de 16 cm étaient encore en place dans le fort qu’il n’était pourtant plus prévu d’occuper. Rapidement, ils seront démontés et fondus… Quant à la batterie de 95 mm, elle ne sera pas armée, l’ensemble de l’artillerie disponible dans le secteur étant déployé sur l’île d’Oléron. En juin 1929 le fort du Chapus est classé à l’inventaire des monuments historiques et son entretien est alors confié aux Beaux-arts. Durant l’Occupation, Le fort ne fut pas intégré à l’Atlantikwall, le fameux Mur de l’Atlantique, les Allemands, quoique très présents dans l'arrondissement de Marennes, établissant l’ensemble de leur dispositif défensif sur les côtes de l’île d’Oléron. Tout au plus fit-il l’objet de quelques visites et, jusqu’en 1944, il fut épargné par la guerre. Cette année-là, l'histoire allait le rattraper...
Le 10 septembre 1944, des éléments FFI du bataillon Roland libèrent le bourg du Chapus et, dans la journée, les résistants font parvenir un ultimatum à la garnison d’Oléron. Quelques heures plus tard, des vedettes arborant le drapeau français se dirigent vers le Chapus. On pense d’abord que la garnison de l’île accepte de se rendre mais il n’en est rien ! Des troupes allemandes en débarquent et engagent immédiatement le combat avec les unités françaises déjà arrivées sur place et qui auront un blessé dans l’affaire. À 17h00, une nouvelle rotation vient renforcer les effectifs ennemis dont une partie s’est retranchée dans le fort. À 20h20, après que les FFI aient eux aussi reçu des renforts, l’artillerie française entre en action et ses tirs sont directement dirigés sur le fort ; le journal d’opération de la brigade RAC est très clair : « Notre artillerie pilonne le fort du Chapus » ! Dans la nuit, les Allemands rembarquent une partie de leurs éléments mais le fort est toujours occupé. Le 11 septembre, le groupe franc du 3e bataillon prend position sur la jetée. Il va y subir un bombardement qui lui causera des pertes. Jusqu’au lendemain, les combats sont sporadiques et les FFI travaillent à fortifier le front de mer qui fait face au fort. Enfin, le 12, en fin d’après-midi, l’ennemi abandonne le fort. Il semble que ce soit à ce moment-là que, sans doute pour couvrir le décrochage de ses éléments et interdire l’occupation de la position par les FFI, l’artillerie allemande soit entrée en action. Deux canons de 150 mm en batterie au Château d’Oléron vont tirer plus d’une centaine d’obus sur le fort. Les dégâts sont considérables, le Chapus est en ruine ! Le 29 avril 1945, pour la dernière fois, des canons vont être déployés au voisinage du Chapus. Sept pièces vont y être mises en batterie et participeront le lendemain à la couverture de Jupiter, nom de code donné à l’opération de débarquement qui permettra la libération de l’île d’Oléron.
Pendant plus de 15 ans, le fort va rester en l’état. Finalement, à la fin des années 1950, son aliénation finit par être prononcée et l’administration des domaines en prévoit la mise en vente dès l’année suivante. Le 7 octobre 1960, la commune devient officiellement propriétaire du fort. Les autorités municipales signent une convention avec les Beaux-arts à qui sera confiée, sous la houlette du service des bâtiments de France, la rénovation de l’édifice. Les travaux vont s’étaler sur une dizaine d’années… En 1972, pour la première fois, le fort est ouvert au public. Depuis, la dynamique équipe de l’office de tourisme, aux bons soins de qui la municipalité de Bourcefranc – Le Chapus a confié le fort, n’a pas ménagé ses efforts. Ainsi, avec plus de 25 000 visiteurs pour l’année 2010, il est devenu l’un des sites touristiques majeurs de la Charente-Maritime et un ambassadeur de renommée internationale pour la fortification française !!!

Plan du fort réalisé en 1693


Pour compléter cette description, rédigée sur la base de la plaquette « Le fort du Chapus et les défenses annexes du pertuis de Maumusson », voici quelques liens :
- la plaquette consacrée au fort : http://www.steph-sph.com/Carnets-Charente-M-cbcaaaaaa.asp
- le site internet officiel du fort Louvois : http://www.fort-louvois.com/
- les discussions internes du forum : http://www.defense-des-cotes.com/f140-le-fort-du-chapus-discussions-du-forum


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