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 14-18, les Alsaciens-Lorrains internés en Vendée

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Steph
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Date d'inscription : 19/07/2010
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MessageSujet: 14-18, les Alsaciens-Lorrains internés en Vendée   Mer 16 Nov 2011, 02:06

Bonsoir,

En faisant quelques recherches pour les parties « publiques » du forum, je suis tombé sur ces quelques photos, prises à Luçon :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=APD0001353

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=APD0001354

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=APD0001355

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=APD0001356

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=APD0001357

Assez rapidement, j’ai identifié l’endroit où ces photographies avaient été prises :


J’ai ensuite fait quelques recherches sur le net…

Dès le 20 mars 1914 le gouvernement français a élaboré le plan qui doit être appliqué à l’égard de chaque étranger lors de la mobilisation : autorisation de quitter la France sous les 24 heures (jusqu’à la fin du 1er jour de la mobilisation), ceux qui restent en France devant évacuer la zone de guerre supposée (départements frontaliers : pour l’essentiel, Nord et Est) ; par la suite chacun d’eux doit avoir un permis de séjour et un laissez-passer pour ses déplacements. Les Alsaciens-Lorrains non naturalisés français devaient théoriquement être laissés libres, après avoir fait une déclaration d’identité au commissariat de police dès les premiers jours de la guerre. Mais dans la pratique, les Alsaciens-Lorrains sont souvent considérés comme suspects… Du reste, on considère qu’il y a trois catégories d’Alsaciens-Lorrains :
- ceux qui sont « présumés être de sentiments français » parce que « français avant le 20 mai 1871 ou dont les ascendants paternels l’étaient à cette date et qui seraient eux-mêmes français si le traité de Francfort n’était pas intervenu », qui sont traités à l’égal des réfugiés, relèvent de la catégorie n° 2 et disposent d’une carte tricolore ;
- les Alsaciens de catégorie n° 1, avec carte blanche, jugés avoir une "attitude incertaine", être de "sentiments douteux" parce qu’ils ont accepté des fonctions officielles (sauf communales) rémunérées par les Allemands ou qu’ils exercent une profession mal déterminée (ambulant, forain, romanichel...), et qui doivent être placés en résidence surveillée ;
- la troisième catégorie, dite « S », réunit les suspects qui ne peuvent être maintenus en liberté pendant la guerre pour avoir soit tenus des propos hostiles contre la France, commis des actes compromettant la défense nationale, ou subi des condamnations.
Les catégories 1 et S impliquent donc l’existence de centres d’internement qui seront sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, le préfet ayant autorité directe sur le directeur du centre et son personnel (gestionnaire, commis de direction, gardiens). Si l’on considère l’organisation et la vie quotidienne du dépôt d’internés, le modèle suivi est celui de l’administration pénitentiaire et on y trouve donc des règlements qui prescrivent jusqu’au moindre détail l’organisation de la vie des détenus et les tâches du personnel. Au départ, les directives rappellent que, à l’image du régime de détention politique, le travail n’est pas obligatoire pour les internés civils, seules les corvées d’entretien devant être assurées par les détenus. Mais, petit à petit, les besoins en main-d’œuvre favoriseront la création d’équipes qui travailleront hors des dépôts chez des entrepreneurs ou des cultivateurs, ou des placements individuels. Quant aux rations alimentaires, elles évolueront au gré des pénuries nationales : en 1917 la ration de pain passe de 600 à 500 grammes par jour le 2 février, puis à 200 grammes le 4 décembre...
J’ai alors découvert une autre série de photos prises, cette fois, Aux Sables d’Olonne :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_5=LBASE&VALUE_5=PA00110221

J’ai retrouvé le lieu d’implantation du « dépôt » mais pas celui du camp de prisonniers de guerre :


Et puis, à force de creuser, je suis tombé sur ce lien fort complet qui devrait en intéresser plus d’un :

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3974

Très bonne nuit

Steph

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MessageSujet: Re: 14-18, les Alsaciens-Lorrains internés en Vendée   Jeu 17 Nov 2011, 17:37

    Bonsoir à tous

    En marge du précédent message, et sans rapport avec la Vendée mais où il est question des Alsaciens, il me paraît intéressant de donner les précisions suivantes, insuffisamment connues.

    Ces jolies subdivisions vont être maintenues en 1918 après le retour - qui ne fut pas partout aussi triomphal qu'on le raconte encore aujourd'hui - de l'Alsace à la France. Une commission des triages est créée, qui institue un système de 4 cartes d'identité différentes correspondant à 4 catégories différentes disposant de droits civiques différents.

      La carte A, barrée aux couleurs tricolores, est attribuée à tous ceux dont les parents et les grands-parents sont nés en France ou dans le Reichsland.
      La carte B, barrée de deux traits rouges, est attribuée à ceux dont l'un des parents ou des grands-parents est d'origine allemande.
      La carte C, barrée de deux traits bleus, est réservée à ceux dont les deux branches paternelle et maternelle sont originaires de pays alliés de la France ou neutres pendant la guerre.
      La carte D, enfin, sans aucune barre, est délivrée aux « étrangers des pays ennemis », donc en particulier aux Allemands, y compris ceux qui sont nés en Alsace-Lorraine après 1871.

    (L'Alsace entre France et Allemagne, A. WAHL & J.C. RICHEZ - Hachette 1993 & nombreux sites internet)
    Ce classement ne manqua pas de créer des situations douloureuses, et parfois ubuesques (attribution de cartes de catégorie différente au sein d'une même famille).

    Une situation un peu identique se répéta en 1945. Aujourd'hui encore, il arrive que des Alsaciens se voient mis en demeure par des fonctionnaires obtus et tatillons de produire, pour obtenir le renouvellement de leur carte d'identité, des documents - que bien souvent ils n'ont pas et ne peuvent plus se procurer - prouvant leur nationalité française (certificat d'option des parents - décédés... - pour la nationalité française après retour de l'Alsace à la France).
    « C'est beau, c'est grand, c'est généreux, la France ! » (De Gaulle)

    Le plus étonnant, c'est que de jeunes Alsaciens soient aujourd'hui totalement ignorants de tout cela, alors que pourtant le second cas est toujours d'actualité http://vieuxcestmieux.com/2007/03/24/comment-jai-failli-ne-plus-etre-francaise-1/
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SCHOEN
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MessageSujet: Re: 14-18, les Alsaciens-Lorrains internés en Vendée   Jeu 17 Nov 2011, 23:52

Bonjour,

L'Histoire retient souvent ce qu'elle veut (le politiquement correct) oubliant parfois certains chapitres de l'histoire (vous noterez les différences de majuscules). L'Alsace a bien souvent changé de nationalité. Chaque pays se voyait en libérateur. Mais l'Alsacien en lui même avait-il plus d'intérêt avec la France que l'Allemagne ?

Durant l'occupation (si l'on retient la définition actuelle de la période de 1871 à 1918), les pro-Français tel que Hansi pour citer le plus célèbre entrèrent dans la mémoire.

Les documents et les informations que vous nous révélez nous démontrent que tout n'était pas rose en cette période. Et les Allemands devaient également voir en certains Alsaciens une méfiance. Mais il me sembles qu'ils étaient plus souple que les français, au point d'avoir été près, si je me souviens bien, d'octroyer à l'Alsace son indépendance, ce que les Français ne se seraient jamais résolus à laisser.

Pour ce qui est de rendre publics ou non ces textes, au risque de froisser certains esprits, je répondrai que la réaction pourrait dépendre des générations. Personnellement, je le publierais. C'est ce passé qui a donné cette "identité" particulière à l'Alsacien, forgée par des changements de nationalité successifs, avec ces bons et mauvais souvenirs.

Antoine
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MessageSujet: Re: 14-18, les Alsaciens-Lorrains internés en Vendée   Ven 18 Nov 2011, 09:50

    Bonjour Antoine (et les autres)

    Je me doutais bien que le sujet t'intéresserait tout particulièrement. Je ne vais pas l'aborder sur le fond, des livres entiers ont été écrits sur le sujet et on n'en sortirait pas. Tu connais mon amour pour l'Alsace et tu sais que j'y ai beaucoup d'amis. Des Alsaciens, des vrais, pas de ces descendants de « Français de l'intérieur » mis en place par Paris en 1945 pour reprendre en main cette province jugée pas tout à fait innocente. Des amis Alsaciens qui me disent : « Vous, les Français, vous aimez l'Alsace mais pas les Alsaciens. » Ce qui en dit long ! « Vous les Français... », ce qui est une façon (inconsciente !) de dire que soi, on ne l'est pas ! Ça me rappelle un édito de Christiane Vettu dans les DNA quand l'ENA avait été déménagée de Paris à Strasbourg. Elle avait écrit, parlant des Alsaciens : « Quelle belle revanche pour ces passeurs de frontières, souvent plus français que les Français »... Ce qui n'est possible que si l'on n'est pas français ! (Et tu observeras la distinction minuscule/majuscule que je sais faire moi aussi, hé !) Mais si les Alsaciens parlent comme ça, c'est bien parce que la France est coupable.

    Pourtant, tout à fait entre nous et comme tu le sais aussi bien que moi et mieux que beaucoup, l'Alsace est française depuis bien plus longtemps que Nice, que la Corse... et que la Savoie. Razz Traités de Westphalie : 1648. A l'époque, la question linguistique ne s'est même pas posée. Louis XIV, celui qui aurait dit : « Quel beau jardin ! » en découvrant l'Alsace, disait aussi : « Qu'ils parlent leur langue, pourvu qu'ils servent le Roi », le français étant seulement la langue officielle, c'est-à-dire, pour des raisons facilement compréhensibles, la langue administrative et juridique (lire le grand classique : Les luttes linguistiques en Alsace jusqu'en 1945 d'Eugène PHILIPPS, communément appelé LE Phillips, passionnant et indispensable : http://mapage.noos.fr/ephil/ ).

    Pour le reste (et j'arrêterai là avec mes lieux communs pontifiants), il faut faire la distinction entre L'Alsace des villes et L'Alsace rurale (le vignoble, mais pas seulement lui...), et entre catholiques et protestants, ce qui me paraît constituer deux véritables lignes de fracture, même si c'est moins sensible aujourd'hui. Quant au particularisme culturel (et je m'arrêterai là), il n'est si sensible qu'à cause de l'histoire et de la proximité du monde germanique auquel l'Alsace appartient incontestablement. Mais les Catalans, les Basques, les Bretons ne sont pas moins culturellement singuliers... Le jacobin que je suis, origines obligent, n'en fait pas une affaire d'état Razz .

    P.S.
    Shoen a écrit:
    Durant l'occupation (si l'on retient la définition actuelle de la période de 1871 à 1918), les pro-Français tel que Hansi pour citer le plus célèbre entrèrent dans la mémoire.
    Ah bon ? On ne dit plus « l'Annexion » ? Question

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SCHOEN
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MessageSujet: Re: 14-18, les Alsaciens-Lorrains internés en Vendée   Ven 18 Nov 2011, 14:40

Citation :
Ah bon ? On ne dit plus « l'Annexion » ?

Occupation, annexion, rattachement, etc... Il y a autant de synonymes du côté allemand ?

Antoine
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MessageSujet: Re: 14-18, les Alsaciens-Lorrains internés en Vendée   Ven 18 Nov 2011, 20:10

    Antoine ! T'es calme, j'espère (loin de moi l'idée ou l'envie de te contrarier, encore moins celles de te provoquer.)
    Annexion ou rattachement, c'est à peu près pareil : les annexés deviennent des nationaux du pays qui annexe et ont en principe à peu près les mêmes droits que leurs nouveaux compatriotes. Ainsi, entre 1871 et 1918, le Reichsland Elsaβ-Lothringen bénéficie des lois sociales de l'Empire, particularités très avantageuses encore partiellement en vigueur aujourd'hui (pour beaucoup d'Alsaciens, surtout des jeunes, en 1918, c'était ça ou on préfère rester allemands...) En 1940, l'Alsace et une partie de la Lorraine sont à nouveau annexées et les jeunes Alsaciens devenus (redevenus) allemands acquièrent le droit d'être incorporés dans la Wehrmacht. Le reste de la France est seulement occupé et ses habitants (mâles) acquièrent seulement le droit (un peu obligatoire, mais bon), d'aller travailler en Allemagne. Je schématise, n'est-ce pas, et en plus je suis un rien provocateur, mais tout ça commence à dater un peu Razz .
    Maintenant, il est vrai que, individuellement, cela peut être subjectif, et que tel qui est officiellement annexé (ou rattaché) peut se considérer, dans le tréfonds de sa tête, comme seulement occupé. Mais ça ne changera ni son statut ni ses droits : nach Osten, même malgré lui... Pour avoir ce privilège, les occupés devront, eux, être volontaires (LVF).

    Bien amicalement - Ph.
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SCHOEN
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MessageSujet: Re: 14-18, les Alsaciens-Lorrains internés en Vendée   Ven 18 Nov 2011, 20:29


Je suis calme, oui. Pas en grande forme, d'ou mes réponses un peu hâtive...

On entend un peu tous les termes employés plus ou moins justement.

L'annexion reste ma préférence et la plus employée.

Antoine
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MessageSujet: Re: 14-18, les Alsaciens-Lorrains internés en Vendée   Ven 18 Nov 2011, 21:06

SCHOEN a écrit:
Je suis calme, oui. Pas en grande forme, d'ou mes réponses un peu hâtives...
On entend un peu tous les termes employés plus ou moins justement. L'annexion reste ma préférence et la plus employée.
Antoine

    On est d'accord (il ne pouvait en être autrement, pas la peine de t'excuser). Quant à la forme, j'espère, je suis sûr que tu vas te requinquer rapidement.

    Ph.
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MessageSujet: Re: 14-18, les Alsaciens-Lorrains internés en Vendée   

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