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 L'avant-poste de Séloge

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Steph
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Date d'inscription : 19/07/2010
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MessageSujet: L'avant-poste de Séloge   Ven 26 Oct 2012, 13:46

L'avant-poste de Séloge

À partir de 1931, on entreprend de verrouiller le vallon des Glaciers et les études visant à établir un avant-poste fortifié à proximité du poste de Séloge sont lancées. Du fait des conditions climatiques particulières, sa construction va s’étaler de 1931 à 1935. Son armement était presque exclusivement composé de fusils-mitrailleurs et de mitrailleuses ! Les mitrailleuses devaient battre à grande distance les débouchés d’attaque cependant que les fusils-mitrailleurs assuraient la couverture des abords et des couloirs de moindre importance. Mais compte tenu de la nature même du terrain qui environne l’avant-poste, l'armement « interne » de ce dernier pouvait ne pas être en mesure d'intervenir contre des éléments ennemis progressant dans le voisinage de la position en profitant des défilements permis par ledit terrain. Il fut donc décidé de doter Séloge d’une paire de mortiers Stokes, la place d’armes établie devant le bloc entrée offrant aux équipes de pièces des conditions de mise en batterie idéales.
Véritable hérisson défensif, l’avant-poste de Séloge devait être en mesure de délivrer des feux dans toutes les directions. On le dota donc de 8 émergences actives :
- bloc entrée (1 créneau FM + porte blindée) ;
- bloc 1 (1 créneau FM) ;
- bloc 2 (1 créneau FM + issue de secours) ;
- bloc 3 (3 créneaux FM + cloche d’observation) ;
- bloc 4 (1 créneau mitrailleuse) ;
- bloc 5 (1 créneau mitrailleuse) ;
- bloc 6 (3 créneaux FM) ;
- bloc 7 (1 créneau FM + issue de secours).


Tous ces blocs sont reliés entre eux par des galeries et des gaines souterraines le long desquelles ont été aménagés les différents locaux destinés à un usage
« passif ».

Créé en 1935, le 70e BAF avait la charge de la défense de la Tarentaise et il détacha à Séloge une section de sa 2e compagnie qui cantonnait dans le poste et participa à l’achèvement des travaux de l’ouvrage puis en assura la garde. Durant la dernière semaine du mois d’août 1939, anticipant l’ordre de mobilisation générale, le 70e BAF donna naissance au 80e BAF, qui remplaça le 71e BAF au sein de la 16e demi-brigade. La nouvelle unité étant chargée de la couverture du sous-secteur Beaufortain, l’équipage de l’avant-poste lui fut rattaché. Le 10 mai 1940, les troupes allemandes passèrent à l’offensive et, rapidement, les revers subis par nos armées se transformèrent en véritable déroute… Le 10 juin, un mois jour pour jour après ces premiers combats, l’Italie entra à son tour dans la guerre. La France étant déjà à genoux, le Duce espérait remporter quelques succès faciles, malgré des conditions météorologiques défavorables. L’équipage de Séloge, commandé par le lieutenant Drevon, comprenait alors une quarantaine d’alpins encadrés par une demi-douzaine de sous-officiers. En visitant l'ouvrage, on retrouve quelques noms : Martinet, Létant, Cornu, Vullierme…
Le 21 juin, l’offensive italienne se déclenche. Le col lui-même étant couvert par l’artillerie française, les Italiens vont entreprendre de cheminer par le glacier des Glaciers, qui se trouve défilé de nos feux par le relief le séparant des positions de batteries du Cormet et de celle des Contamines… Nos canons vont tout de même entrer en action et, contre toute attente, le tumulte lié à l’éclatement des coups va provoquer une chute de séracs qui causera des pertes sensibles dans les rangs transalpins… Malgré tout, utilisant tous les accès possibles, l’assaillant débouche et avance… Comme il l’avait escompté, le brouillard, qui règne par nappes, masque en partie sa progression et, finalement, en fin de journée, les éléments de tête atteindront le vallon. À l’aube du 22, le brouillard est encore plus épais que la veille et il va favoriser l’investissement des positions françaises. La progression se fait, par bonds successifs, de part et d’autre du torrent des Glaciers. Mais les armes automatiques de l’ouvrage font des ravages et les Italiens n’ont aucun moyen de les neutraliser. En outre, notre artillerie va entrer en action et dresser devant les blocs un véritable barrage de feu et d’acier. Quelques éléments vont pourtant parvenir au contact du réseau ; ils seront débusqués à coups de grenades à fusil. L’assaut se solde par un échec, les pertes sont conséquentes… On décidera d’attendre l’arrivée de pièces d’artillerie qui permettront de réduire au silence les créneaux des blocs. En attendant, l’équipage continuera à ouvrir le feu à chaque fois qu’il décèlera le moindre mouvement, rendant toute progression impossible. Le 23 juin, une batterie italienne installée au col de la Seigne parviendra à placer quelques coups sur les dessus, mais nos canons de 105 mm installés aux Contamines la contraindront au repli. Une pièce de 75 mm, démontée en plusieurs fardeaux, sera finalement apportée à bonne portée de tir mais elle ne pourra pas intervenir avant l’entrée en vigueur de l’armistice. Celui-ci, donc, entrera en vigueur le 25 juin, à 0H35. Conformément à l’article 3 des conditions d’armistice, une zone large de 50 kilomètres, tracée à partir de la ligne d’occupation italienne, devait être démilitarisée. À Séloge, l’équipage rassembla le matériel et les munitions, qui furent emportés par des mulets. Avec armes et bagages, et après avoir fermé à clef les portes de l’avant-poste, les hommes prirent le chemin de Roseland, où le bataillon se regroupait, puis celui de Chambéry où ils furent démobilisés. Le lieutenant Drevon fut cité à l’ordre du SFS : « A organisé de façon remarquable la défense du fort qui lui était confié, malgré des conditions parfois très difficiles. Au cours des combats du 17 au 24 juin, a dirigé l’action de ses casemates avec une volonté et un sang froid inébranlable. A causé ainsi de lourdes pertes à l’ennemi et l’a empêché de prendre pied sur la position de résistance ».
Le 4 septembre 1944, l’avant-poste de Séloge est réoccupé par des éléments FFI, cependant qu'une compagnie du 100e régiment d’Alpenjäger continuera à tenir solidement le col de la Seigne… Très logiquement, nos éléments d’avant-postes s’installeront dans l’ouvrage où ils trouveront un abri autrement plus sûr que dans les bâtiments de l’ancien poste, d’autant plus que les mortiers allemands en batterie au voisinage du col de la Seigne sanctionneront régulièrement les mouvements un peu trop visibles, comme ce fut le cas le 3 novembre... durant l’hiver, on utilisera les parties en bois des baraquements du poste pour faire fonctionner le fourneau de l’avant-poste. Certains graffiti l’attestent, l’ouvrage sera occupé durant tout l’hiver ! Ceci étant, et les tentatives italiennes de 1940 l’avaient à nouveau mises en évidence, il était indispensable de s’assurer la possession d’une véritable route pour pouvoir exploiter une éventuelle percée du front. Dans cette partie de la Savoie, au printemps 1945, tous les efforts offensifs furent donc concentrés sur le col du petit Saint-Bernard et sur ses défenses périphériques… Mais maintenir un détachement dans le vallon des Glaciers permit de fixer un certain nombre d’éléments ennemis !!! Après les combats et la capitulation du 8 mai 1945, l’ouvrage sera entretenu durant quelques années par le génie, avant d’être déclassé puis ouvert à tous vents…
Cette description est rédigée sur la base de la plaquette « Secteur fortifié de Savoie, l’avant-poste de Séloge » : http://www.steph-sph.com/L--39avant-pote-de-Seloge-cbfaaaafa.asp
Le nombre de photos utilisé pour illustrer cette petite description a été volontairement limité et, pour en voir plus, je vous invite à consulter le site de notre adjudant Lissner : http://www.savoie-fortifications.com/ouvrages/Seloge_%28ouv%29/seloge_ouv.htm

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